Comment le yoga a conquis le cœur des français…

Posted in Sport
on janvier 27, 2021
yoga

Le yoga possède des racines qui remontent loin, très loin dans le passé, sur le continent asiatique et plus précisément en Inde ; les spécialistes estiment sa naissance à plus de 5000 ans avant Jésus-Christ (et les chiffres vont jusqu’à – 10 000 ans pour certains !!!). Les premières traces, sous formes d’écrits fondateurs du yoga, remontent cependant à seulement 700 ans avant Jésus Christ, et ce sont les Upanishads. C’est ensuite vers le 2ème siècle avant notre ère, qu’une synthèse de ces textes est rédigée en Sanskrit, et c’est cette synthèse, une fois traduite, qui formera la base du yoga tel que nous le connaissons : ce sont les Yoga Sûtras.

Nous allons voir comment cette pratique multi millénaire, désormais patrimoine immatériel de l’Humanité à l’Unesco, a pu et su s’imposer dans le monde entier et en France tout particulièrement.

Yoga : Un enseignement de valeurs universelles

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Le terme « Yoga » tire son étymologie du sanskrit « Yuj », qui ne signifie rien moins que « unir », ou « joindre », rien d’étonnant donc à ce que l’on considère que cette discipline tend à unir le mental, le corps et l’esprit.

Si l’on veut bien considérer quelques cas extrêmement marginaux, on peut imaginer qu’au cours de l’histoire et des échanges, notamment via la route des épices, le yoga aura peut-être été introduit en Europe et plus spécifiquement en France de manière anecdotique, ici où là, sans rémanence, un peu comme on s’intéresse à un fruit ou à une créature exotiques jusqu’à  pouvoir l’observer, la chasser ou la goûter, avant que l’on s’en lasse ou que la mode passe… C’est ainsi qu’au final, il faut bien reconnaître à la France et au monde occidental dans son ensemble, et ce jusqu’à l’époque moderne, une certaine forme d’hermétisme assumé vis à vis de ces pratiques jugées curieuses et baignées d’une forme de mysticisme et d’ésotérisme.

Sur ces bases, on estime que le yoga a commencé à vraiment se faire connaître, hors de l’Asie, vers la toute fin du 18ème siècle. Au cours du suivant, de nombreux traducteurs se mettront à l’ouvrage pour retranscrire des ouvrages prépondérants tels que le Rîg Véda (Langlois 1848-1851), le Mahâ-Bhârata (Hippolyte Fauche 1867), ou encore l’Atharva-Véda (Victor Henri 1891) pour ne citer qu’eux… C’est grâce à ces travaux poussés et de longue haleine que dès 1930, le Hatha yoga commence à connaître un certain succès populaire sur le territoire, sous l’impulsion de pratiquants illustres tels que Constant Kerneiz, Cajzoran Ali, Lucien Ferrer, ou encore Maryse Choisy parmi tant d’autres.

L’Europe, et l’Occident d’une manière plus générale, ne partagent pas le même bouillon de culture que l’Inde, c’est ce qui explique sans nul doute que nous ayons eu tendance, jusque tard, à considérer ces pratiques comme une sorte de folklore. Et puis tout s’est alors accéléré de façon assez soudaine !

En ce qui concerne la « démocratisation » de la pratique du yoga à l’échelle du monde, il faut savoir que lorsque les choses se sont précipitées, la France s’est avérée être un pays particulièrement réceptif et précurseur, aux côtés des États-Unis. Tout un éventail de différents courants de yogas indiens sont spontanément apparus sous l’impulsion de maîtres Yoga voyageant à la rencontre de l’Occident et faisant fleurir les écoles dans les grandes métropoles, à partir des années 30.

Vers la fin des années 60, le retour des Beatles de leur voyage en Inde, l’émergence du mouvement  « flower-power » et du courant « peace and love » sont souvent considérés comme les véritables détonateurs de l’explosion du nombre de pratiquants du yoga à l’échelle du monde. Il faut reconnaître que la vague de fond « Yogi » qui a alors déferlé sur l’Europe a nécessairement bénéficié de la houle fournie par les « 4 garçons dans le vent », de leur fameux « Album Blanc » et de l’ère du temps, toute d’amour, d’idéalisme et de pacifisme. Au demeurant, le fait d’avoir perduré et de continuer à s’imposer comme une pratique de plus en plus prisée chez nos contemporains du 21ème siècle, démontre tout le profond bien-fondé de la pratique et peut-être même son absolue nécessité tout simplement…

Mais penchons-nous à présent un peu plus sur la manière dont le peuple français spécifiquement a embrassé le yoga avec entrain et continue de revendiquer un nombre de pratiquants en croissance perpétuelle, correspondant à des fourchettes d’âges toujours plus larges.

 

 La spiritualité et le bien vivre en point de mire.

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 La France, si l’on considère son Histoire, demeure un pays profondément marqué par la spiritualité et le culte de l’esprit. S’agissant de spiritualité, notre nation ne fût-elle pas surnommée « la Fille aînée de l’église » à une époque ?… Et ne possédons-nous pas aussi, de par les travaux d’innombrables illustres penseurs, une longue et riche culture de philosophie et de métaphysique ?

En outre, pour peu que l’on veuille remonter plus loin encore dans le passé, avant la Renaissance et les Lumières, des millénaires même si l’on veut, et bien le territoire considéré revendiquait déjà une spiritualité particulièrement prégnante et foisonnante. Cette dernière tenait sans doute plus d’une mosaïque éclatée de croyances plus ou moins régionales (animisme, paganisme, druidisme, chamanisme, déisme… etc.) en lien avec les brassages successifs des populations, les migrations, les invasions, les flux et les reflux de certains peuples… Néanmoins, ce dense tissu pulsant de spiritualités diverses existait bel et bien.

 Pour ce qui est d’une époque plus proche de la nôtre, dans la France de la fin du 19ème et du début du 20ème siècle, il ne faut pas perdre de vue qu’ il est tout à fait possible d’envisager la pratique du yoga en dehors de toute foi, à la manière d’un sorte d’hygiène de vie, tant du corps que de l’esprit du reste. Cette forme de compatibilité universelle peut tout à fait représenter un argument de poids pour ceux qui sont déjà enclin à une religion donnée, ou pour d’autres proprement ancrés dans un athéisme ou un gnosticisme qui leur appartient. La laïcité étant une valeur fondamentale au cœur de celles que la France s’évertue à préconiser et à défendre, le français moyen, le citoyen lambda, qui en est le plus souvent imprégné ou en comprend les ressorts, peut donc trouver dans la pratique du yoga une voie sinon neutre, tout du moins sans dissonance avec ses propres convictions, quelles qu’elles soient, et cela fait sans doute du bien et rassure un peu aussi.

 

 Enfin et pour conclure cette réflexion sur l’histoire d’amour entre le yoga et la France, rappelons que notre pays ne fait pas exception à la règle des sociétés dites industrialisées et modernes, sa population est donc soumise à une certaine forme de pression latente et constante, tant sociale que professionnelle. Il est intéressant de savoir que si la France compte parmi les plus grands utilisateurs d’antidépresseurs et d’anxiolytiques (même si nous reculons au classement ces dernières années, semblerait-il…), de nombreux acteurs du marché (entreprises privées ou publiques) se sont montrées précurseurs en matière d’amélioration des conditions de travail en proposant des séances ou des plages de yoga à leurs salariés ; et les résultats se sont avérés tout à fait probants.  Le fonctionnement des sociétés ultra capitalistes telles que la nôtre peut parfois devenir un peu usant et le yoga représente alors une véritable alternative, un îlot, une retraite passagère, mais surtout pas une fuite ou un refoulement, au contraire. Le yoga peut non seulement vous permettre de vous accorder un moment de calme, de paix intérieure et de retour sur vous-même, mais il aura aussi cette fonction régénératrice, de comburant immatériel tant pour les fibres et les atomes du corps que pour la texture sans doute plus éthérée de l’âme.

 

En clair, il ne faut donc pas s’étonner si le peuple que nous sommes, bardé de son histoire et de sa culture, demeure un peuple curieux  et ouvert à la spiritualité et aux choses de l’esprit. Cela fait longtemps que l’état s’est affranchi de ses liens avec la religion, et avec toute forme de prosélytisme spirituel, néanmoins, la nation quant à elle, demeure un pays profondément curieux de découvrir l’altérité de la pensée et des pratiques. Ce faisceau de facteurs fournit sans doute un socle propice sinon idéal, pour que le Yoga s’installe et se démocratise dans toutes les couches sociales d’une région ou d’un pays donné, et la France semblerait-il, en est le plus probant des exemples !

 

 

 

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