Fausse couche précoce : vous avez le droit de souffrir !

Je n’avais absolument pas prévu de vous en parler sur le blog, mais j’ai besoin de l’écrire quelque part, besoin de crier à ceux qui me lisent qu’une fausse-couche ça fait mal ! Quand j’en ai parlé, il y a maintenant 10 jours, j’ai reçu des  centaines de messages privés sur Instagram, de personnes ayant vécu la même chose récemment ou pas, des personnes qui venaient prendre des nouvelles de moi , des personnes qui vivaient la même chose au même moment

Tout d’abord, sachez que nous ne vivons pas forcément les choses de la même façon, mais je vais vous raconter mon expérience, et comment je vais aujourd’hui.

 MON HISTOIRE…MA 2ème fausse couche 

J’ai su que j’étais enceinte le 4 juillet 2020, le lendemain des 5 ans de ma fille, quelle belle surprise le lendemain de l’anniversaire de ma princesse, mais je savais que quelque chose n’allait pas, des douleurs de règle, des pertes brunes, des douleurs dans le bassin ! Le test était pourtant un très beau positif , des copines ont essayé de me rassurer en me disant que ça arrivait d’avoir ce genre de douleurs , ce genre de pertes en début de grossesse , mais je savais que non, c’était pas normal, ça me rappelait ma précédente fausse couche quelques années avant ma fille !

Après une nuit affreuse avec des pertes et des douleurs de plus en plus intense, j’ai été consulté le dimanche à la clinique où j’avais accouché pour mon fils, effectivement mon taux n’était pas très haut, mais l’échographie était rassurante, il a écarté la grossesse extra-utérine, il a vue qu’il y avait des signes d’une grossesse, mais rien de plus car ma grossesse remontant à maximum 15 jours, il était impossible de voir quelque chose  ! Il m’a dit de me détendre , que ça arrivait d’avoir des pertes  importantes en début de grossesse surtout après un rapport . J’avais une autre prise de sang le lundi et le mercredi pour vérifier mon taux .

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J’étais un petit peu rassurée, je commençais à regarder la date de mon terme, imaginé ce futur bébé, comment j’allais vous l’annoncer ….  Mais les douleurs se sont intensifié , lundi la prise de sang fut sans appel mon taux avait chuté, j’en ai pleuré pendant des heures et rien que d’écrire ces quelques lignes, les larmes commencent de couler à nouveau ! De la nuit de lundi à mardi , des douleurs affreuses, des douleurs que je ne connaissais pas , ça me brûlait fortement dans l’entrejambe et j’avais des contractions qui me prenaient le ventre et le bassin, l’ironie, c’est que je n’ai jamais connues ce genre de douleurs avant puisque j’ai eu deux césariennes programmées pour mes 2 enfants. J’ai demandé à mon chéri de rester à la maison , j’étais incapable de marcher , incapable de parler , j’étais à quatre pattes sur le sol , la seule et unique position que je supportais ! Jusqu’à la première évacuation ! Mercredi est arrivé , j’avais ma seconde prise de sang , le taux avait encore chuté …

Vendredi, j’avais encore quelques saignements, mon homme était au boulot, j’étais seule avec les enfants et juste après ma douche des douleurs, l’envie de vomir, des bourdonnements, des vertiges ont commencé de faire surface, j’avais si peur de faire un malaise alors que j’étais toute seule avec mes enfants. J’ai ouvert la porte, j’ai serré les dents, j’ai respiré, je me suis mouillé le visage et je me suis interdit de m’évanouir alors que mes 2 enfants avaient besoin de moi ! Puis la suite est arrivée, je me suis tordue de douleurs, j’ai hurlé intérieurement pendant 3 h, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, à la fois pour dire au revoir à ce bébé que je ne connaîtrais jamais, et à la fois soulagée, car ça se terminait et que j’allais pouvoir enfin passer à autre chose… l’expulsion a eu lieu ,  la douleur s’est arrêtée aussi vite qu’elle est venue , ma fille à mes cotées pour me caresser le visage.

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J’avais le même jour une échographie de contrôle avec une sage-femme que je ne connaissais pas, j’ai dû  expliquer exactement toute l’histoire depuis le début et ensuite elle m’a fait l’échographie de contrôle qui confirmait que tout était bien expulsé , l’échographie fut très douloureuse physiquement ! J’ai continué d’avoir des saignements aléatoirement jusqu’au 16 juillet, j’avais quand même une dernière prise de sang à faire pour vérifier mon taux, taux qui était bien passé en dessous de 5 ! J’ai eu aussi une piqûre de rophilac comme pour mes grossesses étant rhésus négatif et mon conjoint positif !

La reconstruction

J’en ai beaucoup voulu à mon corps de ne pas réussir à garder cette grossesse, surtout après 2 ans d’essais, comme je lui en ai voulu d’être porteur d’une maladie génétique et comme je lui en ai voulu de n’avoir jamais réussi à avoir un accouchement sans césarienne. C’était quoi le problème chez moi ?

Pour tout vous dire, j’en souffre beaucoup encore, j’ai mal au fond de moi, mais je n’ai personne pour en parler. Je sais que ça arrive à énormément de monde, que c’est malheureusement le cycle de la vie et que ce n’était pas un embryon viable. C’est très terre-à-terre comme raisonnement, mais c’est malheureusement la vérité. C’est important de vous en parler ouvertement aussi. Je suis heureuse de l’avoir fait et de le faire encore, car j’ai trouvé énormément de soutien grâce à vous, j’avais plus de soutien avec vous qu’avec mon propre entourage.…

Aujourd’hui, j’ai encore le moral en dents de scie , car je me sens parfois incomprise par mon homme , il a été triste, mais pas comme j’ai pu l’être ! Il m’a dit, on va recommencer, ca va marcher ! Sauf qu’après 2 ans d’essais, c’est tellement douloureux de faire face à une fausse-couche !

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Depuis lundi, j’ai commencé de prendre de l’acide folique et j’espère que j’aurais prochainement une belle nouvelle à vous annoncer . Si mon cycle revient avant une grossesse, j’aurais mes examens de fertilité à passer et  j’ai souvent peur de ne plus jamais avoir un test positif.

Je n’ai pas besoin de n’y pense pas , ça finira par venir, clairement après ce genre d’événement , ce n’est pas le genre de phrase que nous avons envie d’entendre.

Pour toutes les personnes qui vivent ça et pour les autres qui ne comprennent pas forcément cette douleur…Une fausse couche c’est fréquent , mais ce n’est pas parce que c’est « banal » que ce n’est pas douloureux.

Alors si cela vient de vous arriver et que vous tombez sur cet article, sachez que vous n’êtes pas seule dans votre malheur. Beaucoup n’en parlent pas par pudeur, mais vous comprennent <3 Le temps sera votre ami, pleurez, parlez-en, prenez soin de vous surtout.

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